LYCEE BILINGUE DE DEIDO

Après l’annonce du drame du Lycée Bilingue de Deido hier 29 Mars 2019, je me suis immédiatement rendu au sein de cet établissement où j’ai discuté avec le censeur vice Principal du Lycée.

Ensuite, je suis allé à l’hôpital de district de Deido où a été pris en charge le jeune Rosman poignardé par ses camarades de classe. J‘y ai rencontré le Directeur de l’Hôpital avec lequel j’ai longuement échangé.

Rosman est mort à 17 ans, l’âge auquel chaque parent affiche la fierté d’avoir un adolescent qui devient un homme et qui va bientôt voler de ses propres ailes. Cela ne pourra pas être le cas pour ce jeune homme auquel la vie a été brusquement enlevée, ce qui entraîne des interrogations: que faisait un poignard dans l’enceinte d’un établissement scolaire ?

Comment des élèves violents exclus du Lycée peuvent encore y accéder sans aucun signalement ?

Que faire des jeunes délinquants qui ont été appréhendés.

Le drame du Lycée Bilingue de Deido interpelle l’ensemble des consciences sur la refondation de notre système éducatif et le problème crucial de sécurité qui se pose avec acuité au Cameroun.

Au sujet de la question sécuritaire, nous avons interpellé le gouvernement sur deux phénomènes : La montée de la délinquance juvénile et les conséquences graves des crises sécuritaires que connaît notre pays.

Les scandales autour de la jeunesse se multiplient avec des faits qui mettent en péril l’avenir du Cameroun.

De la propension de la drogue, en passant par les abus sexuels dans les écoles ou le phénomène de racket appelé « Taxage », des actions fortes doivent être menées pour juguler ce chaos.

Notamment stopper la diffusion des drogues et du tradamol qui traversent certaines de nos frontières et s’infiltrent dans nos régions, nos quartiers et nos écoles.

Concernant la crise anglophone, nous appelons plus que jamais le gouvernement au dialogue inclusif, car l’impact de ces tensions est grossièrement visible dans les écoles et particulièrement les écoles bilingues des autres régions.

A l’école publique de Deido, on enregistre des classes de 150 élèves, ce qui est préoccupant pour la qualité de l’encadrement des apprenants.

Le projet de société du PURS propose également que des agents de police soient postés devant les établissements scolaires afin de prévenir quelques débordements que ce soit, il urge aussi de numériser les fichiers des élèves afin de maîtriser les effectifs.

Si tant est que la jeunesse représente l’avenir, nous n’avons pas d’autre choix que de procéder à la refondation du système éducatif camerounais. Il s’agit d’une éducation inclusive qui se fera à la fois dans les écoles et dans la société.

Malgré l’ère de la mondialisation, nous ne pouvons laisser notre ciel ouvert à tous les médias qui diffusent tous types de programmes sans aucun contrôle.

Les réseaux sociaux sont venus exacerber cette situation, les enfants ont accès à tous types de contenus dont plusieurs pervertissent leur conscience.

Et pour terminer, dans plusieurs familles aujourd’hui, la télévision assure le relai de l’éducation parentale ou parfois la remplace. Et pourtant ces contenus ne sont pas pensés pour le type d’éducation que nous prônons.

Ce que nous devons faire :
-La refondation du système éducatif,
-Construire des infrastructures adéquates à notre politique d’éducation,
-Construire des centres jeunesse visant la socialisation et la réinsertion des mineurs délinquants,
-Que les parents, l’Etat, le corps enseignant, les médias, la société civile, les politiques jouent leur rôle dans l’éducation des enfants.

Enfin, j’adresse toute ma compassion émue et ma solidarité à la famille de Rosman.

SERGE ESPOIR MATOMBA

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