INTERVIEW DE SERGE ESPOIR MATOMBA, Opérateur Economique et Personnalité Politique Camerounaise.

ARCAM-GB : Vous êtes un Opérateur Économique qu’on ne présente plus, comment êtes-vous passé de Chef d’Entreprise à Homme Politique et comment gérez-vous la cohérence affaires-politique?

S.E. MATOMBA : A vous entendre parler, être un homme politique est un titre qu’on acquiert selon un processus. Non! Je préfèrerai le terme « Venir à la politique ». J’ai toujours été un entrepreneur depuis très jeune. Ma première société avait vu le jour du haut de mes 16 ans. Nous ne faisons pas de la politique pour un plaisir personnel. La politique pour moi est avant tout une arme forgée pour lutter pour et revendiquer les droits des plus faibles face aux plus forts. En tant que camerounais, j’ai longtemps observé et analysé les conditions les plus minables dans lesquelles vivent mes frères et sœurs et je dis qu’il est de mon devoir de prendre en main les choses pour un bon reparti des richesses de ce pays. Tous les camerounais travaillent, paient les impôts et taxes, triment pour construire notre pays alors il faut que quelqu’un revendique le droit de tout ce peuple qui semble être oublié. Un homme politique non. Je me donne pour mon pays et c’est plus une fierté que tout autre chose.
ARCAM-GB : Vous avez-toujours eu un penchant pour l’action humanitaire, d’où vous vient ce goût prononcé d’aider les personnes en détresse et particulièrement les enfants ?
S.E.MATOMBA : Écoutez: Si vous pouvez dormir le ventre plein, le cœur léger pendant que votre voisin agonise de douleur, sans nourriture ni couverture, alors que juste 100 FCFA sortis de votre poche peuvent sauver une vie, je vous dirai que vous avez un sincère problème. Je n’ai jamais pu dormir sur les difficultés des autres. Peut-être une faiblesse me direz-vous. C’est une bénédiction pour moi que de venir en aide. Et c’est une mission à moi confiée par Dieu qui nous demande avant tout de nous aimer les uns les autres comme nous même. Venir en aide aux autres est un devoir car Dieu nous donne toujours un plus qui doit servir à combler le moins du voisin. Et c’est seulement ainsi que nous aurons tous une chance de sourire tous ensemble. L’entraide apporte la paix et j’aspire à la paix. Ailleurs en Europe les riches donnent leurs biens en donation. Des milliers d’enfants et de femmes sont sauvés chaque jour dans le monde grâce à ces dons et aides humanitaires. Chez nous c’est encore pire à observer, l’Afrique croule sous les guerres, tueries, massacres, famines, maladies… Si nous ne nous venons pas en aide nous seront responsables des révoltes des faibles face aux forts. Je suis d’une famille de 08 enfants je n’ai que connu le partage. Notre maison était comme un foyer d’accueil où venais la plus part des enfants de la famille et même des étrangers dont on ignorait toute provenance. J’ai grandi dans un climat d’amour et mes parents nous ont formés à l’amour, la religion également, l’amour du prochain. L’Être humain est le centre de mon attention d’où la grande nécessité de venir en aide à toutes personnes et plus encore les enfants et les personnes en détresse en priorité. Raison pour laquelle je participe à plusieurs œuvres caritatives et j’en ai créé plusieurs aussi.
ARCAM-GB : De nombreux jeunes se lancent dans l’aventure de l’immigration parfois suicidaire, avez un conseil pour ces jeunes et quels sont les dispositions à prendre pour juguler ce flux migratoire ?
S.E. MATOMBA : Ma réponse peut être très mitigée mais il faudra bien la comprendre. Nous parlons d’aventure. L’aventure en soit n’est pas une mauvaise chose. C’est le canal pour y aller qui être un problème. Vous savez se lancer dans une aventure c’est déjà avoir le courage, accepter les risques. Et par expérience, un constat général, ceux qui réussissent dans la vie sont généralement les plus courageux et non les plus intelligents. Alors vu sur cet angle on se résumerait à dire que qui ose, réussit. Par conséquent un aventurier est quelqu’un qui a pour obligation de réussir. Maintenant certains préfèrent des raccourcis qui vouent tous leurs efforts à néant. Et nous nous érigeons en juges mais en réalité la faute nous incombe à nous hommes politiques et dirigeants de nos nations. Pourquoi laissons-nous nos jeunes partir dans les dents du grand bleu ou sur la route de l’enfer? Tout bien mal acquis n’est profiteur. Tout chemin négatif reste négatif. Mais nous aurons beau dénoncer, si nous n’offrons pas les conditions à nos jeunes, nous n’aurons que nos larmes et notre désarroi face aux drames de cette aventure dangereuse. Tant que nous n’offrirons rien à la jeunesse…
ARCAM-GB : Avez-vous déjà pensé à un plan de cohésion entre les camerounais résidents au pays et ceux de la diaspora restés longtemps loin du pays ?
S.E.MATOMBA : La diaspora camerounaise est une richesse inestimable pour notre pays. La compétence, les moyens d’investissement l’attestent. Nous sommes constamment en discussion avec notre peuple jumelle d’ailleurs. Nous revoyons les meilleures conditions favorables à l’implantation des activités de notre diaspora. Notre projet de société justement revient sur ce point crucial de l’économie camerounaise. Comment favoriser une superbe intégration de notre diaspora au pays ?
ARCAM-GB : L’insécurité qui règne au Nord du Cameroun fait de jours en jours de nouvelles victimes avec son corollaire de déplacés et de morts. Comment peut-on à votre avis, remédier à la situation ?
S.E.MATOMBA : Malheureusement c’est toujours les plus faibles qui paient pour les plus forts. D’un côté nous avons des hommes armés et sanguinaires qui s’acharnent à terroriser et détruire des populations entières et de l’autre un gouvernement qui semble vraiment puissant en silence. C’est très regrettable parce que comme toute crise il faille des solutions de crise. Il est encore plus regrettable que ces solutions ne soient pas anticipées ni pensées pour éviter ces situations qui pourtant se laissaient sentir. La première solution doit aller à l’endroit des populations concernées. Soit elles font parti du Cameroun et en tant que tel nous nous devons d’agir et vraiment vite. Nous connaissons la provenance des terroristes. Ils traversent nos frontières aisément munis de leurs dispositifs sans être effrayés de quoi que ce soit. Il nous importe de renforcer la sécurité le long de nos frontières. Construire de vraies barrières de sécurité infranchissables sans présentation minutieusement contrôlée de pièces d’identité. Faire des fouilles systématiques aux portes de nos frontières et veiller à ne laisser passer aucune personne non crédible. La deuxième protection serait le développement du septentrion ou Grand-Nord avec des infrastructures adéquates, des écoles et centres de formation pour l’enfant et la jeune fille. Enfin une grande et vaste sensibilisation auprès des populations sur la sécurité. Et pour finir renforcer notre armée en logistiques adéquates pour en finir avec ce climat d’insécurité que nous traversons.
ARCAM-GB : Le bonnet rouge que arborez des fois fait penser au défunt Président Kumba Yala, que vous inspire cette icône du paysage politique Bissau-Guinéen ?
S.E.MATOMBA : Je voudrais d’abord m’incliner devant sa mémoire. Je retiens de lui est qu’il était un grand homme politique animé par le sentiment de réussite mais qui n’a pas pu être accompagné d’équipes productives. Il le restera en mémoire et son histoire ne cessera de servir de leçon à qui veut apprendre du fonctionnement de la politique.
ARCAM-GB : Un message à la communauté camerounaise de Guinée-Bissau.
S.E. MATOMBA : Chère compatriote, vous êtes certes hors des frontières du Cameroun mais vous êtes dans un pays que je qualifie toujours de meilleur en termes d’accueil. Vous êtes des ambassadeurs du Cameroun. Je profite de cette tribune pour adresser mes salutations et remerciements au Président de la Communauté Camerounaise pour tout le travail qu’il effectue et à toute la communauté camerounaise résident sur votre territoire. Que Dieu bénisse le CAMEROUN ! Je vous remercie

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