LA QUESTION DES INFRASTRUCTURES AU CAMEROUN

Pour commencer, c’est un grand honneur pour moi d’être un digne fils de ce beau pays qu’est le Cameroun. J’ai également l’honneur et le plaisir de travailler en tant que Premier Secrétaire d’un parti politique dont la feuille de route a pour couronnement le bien-être social et commun.

Au titre de mon poste mais aussi dans le souci de découvrir les plus profonds maux enfouis dans la vie quotidienne des dignes fils de ce pays, mon équipe et moi-même avons organisé une tournée nationale au cours des trois dernières années. Une expérience que je serai heureux de recommencer avec vous chers amis lecteurs.

Le Cameroun est un gigantesque pays, une puissance en richesses naturelles. Inutile de vous les citer, vous les connaissez. Vous êtes de ce pays. Notre pays ! Mais croyez-moi visiter le Cameroun fut un véritable périple. Périple physique mais beaucoup plus émotionnel.

Je me permets d’exposer aujourd’hui la question des infrastructures parce que le problème est sans cesse alarmant. Notre premier constat en arrivant dans ces villages nichés au loin, c’est le manque, l’inexistence d’infrastructures sanitaires. Extrapolons tout d’abord la question de l’accessibilité de ces villages.

Chaque commune de ce pays est supposée bénéficier d’un centre de santé en bonne forme. Un centre équipé en matériels adéquats pour sauver des vies. Nous n’en avions pas vu. Les quelques kiosques aménagés pour fournir des médicaments étaient devenus des hôtels de luxe pour rats et toiles d’araignées. Nous nous sommes alors mis à spéculer sur différents cas d’urgence et le pire cas que nous avions abordé est celui des femmes enceintes.

Donner vie dans ces villages est une question de grâce divine. Après nos sondages nous avions compris qu’il n’existait qu’un seul infirmier (ou pas) et un seul docteur pour toute une commune. Ceux-ci, compte tenu du manque d’infrastructure et surtout faute de moyen de transport pour accéder facilement aux lieux de travail, désertent tout simplement leurs postes de travail.

Accoucher pour une gestante revient à confier sa vie, celle du nouveau-né à une bonne dame dont le seul héritage est une praticité obtenue de mère en fille. Pas de matériels, pas de soins et allez imaginer les conditions dans lesquelles viendrait au monde cet enfant. Une question de providence sans doute. Il n’y a de toute façon aucun autre moyen de faire venir cet enfant au monde. Quel que soit la bonne volonté des familles, dans un cas d’urgence comme celui-là, sauf miracle, rien ne peut être fait. Pour transporter la gestante jusqu’au premier centre de santé, il aurait clairement été tard. (Encore qu’un véhicule dans ses zones, même en transport commun est un véritable luxe).

Malheureusement ces nombreux cas ne sont point répertoriés dans les statistiques que nous soumettent les organisations en charge de la santé publique. Mais sauf erreur, ceci devrait être un des points clés d’un supposé projet de société.

Abordons à présent le cas des routes.

Le Cameroun, aux dernières nouvelles, dispose d’infrastructures routières raisonnables. Raisonnables dans la mesure où il nous a fallu des dizaines d’années pour nous offrir des projets de route réalisés avec un succès déplorable. Nous avons un vaste pays. 10 régions, chacune dotée de richesses exploitables sans compter la main d’œuvre qui va avec. Mais nous observons à cette date un phénomène démographique extraordinaire : L’exode rural. Les régions manquant ainsi d’infrastructures, toute la population jeune pense automatiquement qu’il faille descendre à Douala ou à Yaoundé pour avoir un semblant de vie. Cette question est encore plus récurrente dans la mesure où nos grandes villes sont saturées, non sécurisées et la vie revient plus chère. Mais soyons plus tolérant. Ces déplacés que nous recensons dans nos villes n’étaient pas pour tous venus y siéger. Beaucoup y sont venus dans l’objectif d’un aller-retour afin de mener à bien leurs activités rémunératrices de revenues. Le problème, une fois sur place et après avoir bravé toutes les péripéties d’une route fantôme, il n’est plus question de recommencer dans le sens inverse. Résultat, il faut trouver un endroit et s’y installer le temps du courage pour reprendre la route. Ça, ça peut durer des décennies…

La roue motrice d’une forte économie est le commerce, les échanges de biens, la libre circulation des biens et des personnes. Pour y aboutir nous avons signé des conventions avec les autres pays afin de rendre effectives ces décisions. Mais pour maximiser en matière de croissance, faut-il que la circulation soit réellement libre et facile. Comment rentabiliser un pays si nous ne disposons que de rares routes inter état ? Des routes en état de dégradation continuelle ?

Le Cameroun est une plaque tournante du commerce dans la zone CEMAC et même avec toute la sous-région. Mais nous comptabilisons tous les jours ces manques à gagner faute d’investissements minoritaires lorsque nous analysons les gains retours.

Qu’en est-il des infrastructures ferroviaires ?
L’histoire retiendra que nous avons eu le plus tragique accident de train en Afrique… Sans vouloir revenir sur les évènements. Nous sommes à l’ère des nouvelles technologies. Tout secteur d’activité bénéficie de ces grandes découvertes technologiques pour se parfaire. Comment expliquer alors que notre cas soit celui d’un accident qui à tout point de vue n’aurait jamais dû exister ? Permettez-moi de citer ici le cas de notre voisin le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Le Nigeria s’est doté d’une magnifique avancée technologique en matière de transport ferroviaire. Pareil pour la Côte d’Ivoire qui certainement inaugurera dans peu. Ces deux états choisissent de partir sur une base économiquement rentable. La construction d’un corridor. Nul besoin pour moi de vous dire que ce sera un boom économique pour ces deux pays et même pour ceux qui secondairement bénéficierons de ce corridor.

Ah ! Et aux dernières nouvelles le Ghana s’est doté du plus grand et plus long échangeur de l’Afrique de l’Ouest… Juste à titre informatif.
Revenir sur nos aéroports serait en rajouter. Nous savons également que ce qui a été promis à ce pays n’est point ce qui est.

Le Cameroun a tout pour faire pareil et encore mieux. Nous avons des exemples de pays qui n’ont point atteint notre niveau de richesses pour construire leur véritable essor économique et ce avec brio. Pourquoi ne le pourrions-nous pas ?
Mais déjà, nous faut-il analyser les faiblesses de notre pays, mettre dans la balance nos atouts et enfin soumettre à ces vrais projets de développement les ressources qu’il faut.

Aujourd’hui le Cameroun retrouve du sang neuf. Beaucoup de camerounais constituent un énorme transfert de compétence. Ce n’est pas l’envie de rentrer qui manque. C’est plutôt la motivation. Mais cette motivation est en chacun de nous. Les données changent, les nations se réveillent, les tendances basculent et les surprises sautent aux yeux. Je ne serai point étonné que le Cameroun face partie de cette grande spirale du changement et d’une démocratie au service de ses filles et fils.

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