SERGE ESPOIR MATOMBA CONSOLIDE LA JEUNESSE COMME FORCE D’INFLUENCE

Le Patrimoine : Peut-on dire que les jeunes camerounais sont des acteurs de la vie politique de ce pays ?

Serge Espoir Matomba : De façon péremptoire je vais répondre par la négative. Les jeunes ne sont malheureusement pas des acteurs de la vie politique au Cameroun. Vous constaterez avec moi qu’ils sont davantage des spectateurs. Cette reclassification provient du peu d’intérêt que la jeunesse manifeste pour l’organisation du pouvoir ou la gestion de la chose publique.  Ce n’est pas de sa faute parce que le discours qui a été émis pendant plusieurs années désunissait les jeunes de la politique et parfois les mettait même en opposition. Vous avez certainement souvenir de la fameuse ritournelle « l’école aux écoliers et la politique aux politiciens » ; ce type de refrain n’est pas venu arranger les choses.

Ce qui en a résulté c’est le peu d’engagement citoyen et le désintérêt pour la chose politique que nous observons aujourd’hui.  S’agissant de la politique, la majorité des jeunes se dit qu’elle concerne uniquement les autres. Or les autres c’est nous.

La jeunesse représente 75% de la population, elle est donc une force d’influence au Cameroun. Ce sont les jeunes qui sont appelés à gouverner ce pays, il leur revient de s’engager. On commence à voir tout de même quelques jeunes camerounais qui s’affirment, mais ce n’est pas assez.

 

Le Patrimoine : Quels défis attendent les jeunes camerounais en 2018 ?

Serge Espoir Matomba : Le défi principal est celui de leur avenir : le renouvellement de la classe politique. La jeunesse veut-elle continuer à faire de la figuration ? C’est à elle de répondre à cette question afin de prendre son destin en main comme nous le disons au PURS. Nous nous plaignons tous des problèmes d’eau, d’électricité ; nous n’arrivons pas à manger à notre faim ; après les études, nous n’avons pas de travail et nous avons de la peine à lancer notre propre activité. Pourtant en face, il y a une petite poignée de personnes qui vit bien et les familles de ces personnes ne connaissent pas les mêmes souffrances que nous.

Ces différentes situations de la vie au Cameroun doivent permettre aux jeunes de savoir qu’ils détiennent la clé de tout. Ils sont majoritaires et ne doivent pour rien au monde accepter d’être « achetés ».

1000fcfa contre une voix, ils doivent dire NON, du riz contre une voix, ils doivent dire STOP. Ils doivent faire le choix de la rénovation sociale, le choix de l’avenir. J’invite donc tous les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et à voter le moment venu pour la mise en œuvre d’un bon projet politique pour sanctionner le régime en place.

Par ailleurs, notre discours au PURS va plus loin, les jeunes doivent investir les mairies et le parlement. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé la campagne 300 maires et 100 députés. Ceux qui se sentent la capacité d’être maire ou député sont appelés à nous contacter pour prendre connaissance de la circulaire du parti y relative.

Propos recueillis par le journal Le Patrimoine

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