SOLUTIONS A LA PROBLÉMATIQUE DES INONDATIONS RÉCURRENTES DANS LA VILLE DE DOUALA

Voici quelques années déjà que les populations de la ville de Douala et ses environs subissent sporadiquement les soubresauts des eaux de pluie à travers des inondations aux conséquences désastreuses à chaque fois.

Cette situation dommageable aurait pu être résolu depuis si et seulement si certaines de nos mesures proposées avaient fait l’objet d’une réappropriation par les autorités de la ville. La problématique des inondations dans la ville de Douala et ses environs a bel et bien des causes connues et celles ci ont,de notre point de vue besoin d’une thérapie conséquente.

En effet, les causes des inondations à Douala sont multifactorielles et en voici, de façon non exhaustive quelques unes :

– L’intensité, le débit et la durée des pluies à Douala ( de fois plus d’un mois sans arrêt).

– La basse altitude de Douala qui est très proche du niveau 0 de la mer. A contrario, côté Bonaberi, l’altitude est plus élevé et il y a peu ou moins d’inondations car les eaux de pluie peuvent couler jusqu’au Wouri.

– La nature sablonneuse du sol de Douala. Le sable n’absorbe pas l’eau, il la laisse passer entre ses interstices (vides) et quand ces vides sont pleins, ils sont pleins et l’eau n’a d’autre choix, à cause de sa densité plus faible que le sable ( 1kg/l alors que le sable peut faire jusqu’à plus de 2kg/l), de se mettre au-dessus du sable et, sans aucune possibilité d’infiltration, la pluie continuant de tomber, cela ne peut donner que des inondations, la faible altitude et la planéité de la ville ne favorisant pas l’écoulement de l’eau dans le Wouri.

– La présence de la nappe phréatique à partir de 1,50 metres de profondeur. Cette nappe est permanente et son niveau fluctue en fonction des saisons. Ce qui fait que les fondations de la plupart des immeubles et des maisons à Douala sont toujours réalisées en présence de l’ eau, sans possibilité d’ assèchement des fouilles. Pour cette raison, dans certains quartiers et dans certaines maisons, à la moindre pluie, l’eau se retrouve dans les habitations.

– Les constructions anarchiques sans respect des normes d’ urbanisation et l’absence même des voiries avec assainissement dans plusieurs quartiers.

– La passivité de l’ Administration qui ne déclare pas des zones comme inondables et ne préconise aucune règle de construction en zone inondable, ni n’interdit la construction dans les zones inondables les plus dangereuses.

– Le manque de vision managériale de nos dirigeants, en particulier du gouvernement qui ne fait pas grand chose pour améliorer le bien-être des camerounais

Ce qui précède est un diagnostic succinct et non exhaustif et la solution devra aller dans le sens de la construction d’un réseau public d’assainissement avec le tout à l’égout dont l’étude à elle seule peut prendre plus de 18 mois par une équipe pluridisciplinaire d’ Ingénieurs, en prenant en compte les éléments du diagnostic ci-dessus et en poussant ce diagnostic plus loin de façon à cerner le problème dans sa globalité : un bon diagnostic fait la moitié de la solution.

De manière globale et à la lumière de ces inondations, de l’accident de train d’Eseka et de l’incendie de la Sonara, le gouvernement ferait mieux de mettre sur pied, une commission pluridisciplinaire chargée de préparer la mise en place d’une loi sur la prévention des risques naturels, technologiques et la réparation des dommages.

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